La Grèce envisage-t-elle de vendre certains de ses sites archéologiques?

by on 17 Νοέμβριος 2018

La Grèce envisagerait-elle de vendre certains de ses sites archéologiques prestigieux ? Cest en tout cas ce que semble indiquer une récente décision du gouvernement grec de reporter ces sites sur une liste qui a été transmise au Taiped, le fonds de privatisations grec. 

 Parmi les sites en questions figurent des sites antiques tels que les ruines du palais de Cnossos, en Crète, (notre photo de couverture), la tombe du roi Philippe II de Macédoine (le père dAlexandre le Grand) à Vergina, dans le nord du pays, la Tour blanche de Thessalonique, le site préhistorique de lAkrotiri sur lîle de Santorin, ainsi que les sites archéologiques de Sparte, de Salamine ou dÉleusis. Un certain nombre de forts, en particulier celui de Corfou, pourtant classé au Patrimoine mondial de lUnesco (notre photo ci-dessous), et de musées archéologiques, figurent également sur cette liste.

Le catalogue du Taiped comme garantie pour la Troïka

Tous ont connu le même sort que 10 000 autres biens publics, reportés sur décision du gouvernement du Premier ministre grec Alexis Tsipras le 19 juin dernier sur une liste de biens confiés au Taiped pour quil assure leur privatisation.

A cette époque, le gouvernement grec négociait en effet la sortie du plan de sauvetage de la Grèce, et la fin de sa mise sous tutelle de la troïka formé de la Commission Européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne, et nul doute quil a voulu donner des garanties aux créanciers européens avec la perspective de recettes futures pour le pays.

Le Taiped est un fonds chargé de privatiser les biens publics grecs. Depuis le premier plan de sauvetage d du pays en 2010, la Grèce sest en effet engagée à vendre des actifs publics pour trouver de largent. Ces privatisations étaient parfois imposées par la troïka elle-même. Le pays a donc vendu des fractions ou la totalité de ports, daéroports, ainsi que des entreprises de distribution délectricité et deau.

Intégrés par erreur ?

Mais les archéologues et les maires des communes qui senorgueillissent de compter ces sites à leur patrimoine sont vent debout contre cette décision et ils se sont unis et mobilisés pour remettre en cause ce projet. Ils invoquent larticle 24 de la Constitution grecque, qui impose la protection de lhéritage culturel du pays, qui comprend ces sites, afin den assurer la protection et la transmission aux générations futures.

De son côté, le gouvernement objecte que les sites en question sont désignés par des numéros indistincts, et que cest sans doute à la suite dune erreur quils se sont retrouvés sur la liste des biens susceptibles dêtre privatisés par le Taiped. Mais en dépit de cette explication, et du tollé suscité par la présence de ces biens publics prestigieux sur cette liste, il na pas pris dinitiative pour corriger cette dernière en les ôtant de cet inventaire… alors que cela fait déjà plusieurs mois quils y figurent désormais.

Des parcs dattractions entre les statues pour divertir un tourisme de masse ?

Devant cet immobilisme, lUnion des archéologues et des maires a décidé de saisir le Conseil dEtat pour violation de la Constitution. Si ce dernier nagit pas rapidement, elle envisage également de soumettre laffaire à la Cour de Justice européenne, arguant que la vente de ces sites uniques constitue une violation de la Convention pour la protection de lhéritage archéologique dEurope signée à Grenade en 1985.

Tous redoutent linertie de ces instances, et la possibilité que ces trésors grecs naboutissent entre des mains privées, faute dintervention à temps : Ce serait une violation de lhistoire de lhumanité, surtout si des multinationales construisent des parcs dattractions entre les statues pour divertir un tourisme de masse, déplore Georges Patoulis, président de lUnion des maires de Grèce.

fr.express.live

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